Prendre l’avion peut transformer un trajet banal en vraie gêne : oreilles bouchées, pression dans les tympans, diminution temporaire de l’audition, parfois des bourdonnements (acouphènes) ou une douleur nette à l’atterrissage. Cette situation est fréquente et, dans la majorité des cas, elle est bénigne. Mais elle peut être impressionnante, et elle peut aussi être plus risquée si vous êtes enrhumé, allergique, sujet aux otites, ou si vous voyagez avec un enfant.
Les Boules Quiès sont souvent citées comme solution simple, parce qu’elles réduisent le bruit et peuvent apporter une sensation de confort. Cependant, elles ne se valent pas toutes pour l’avion : certaines protègent surtout du bruit, d’autres sont conçues pour atténuer les variations de pression. Et surtout, leur efficacité dépend beaucoup du moment où vous les mettez, et de ce que vous faites en parallèle (déglutition, manœuvres douces, hydratation, etc.).
Dans le moindre doute, si la douleur est importante, si la baisse d’audition persiste après le vol ou si vous avez des symptômes inhabituels, il est préférable de consulter un médecin ORL.
Pourquoi a-t-on les oreilles bouchées en avion ?
Le problème vient principalement de la pression de l’air dans la cabine, qui varie surtout pendant la montée et la descente. Votre oreille moyenne (derrière le tympan) doit équilibrer cette pression via la trompe d’Eustache, un petit conduit qui relie l’oreille au rhinopharynx (zone du nez et de la gorge).
Quand tout va bien, vous n’y pensez même pas : vous avalez, bâillez, mâchez, et la pression s’équilibre. Mais si la trompe d’Eustache est “bloquée” (rhume, sinusite, allergie, inflammation), l’équilibrage se fait mal. Résultat : sensation d’oreille bouchée, pression, parfois douleur.
Barotraumatisme : quand la pression fait mal
Quand l’équilibrage est difficile, le tympan peut être “tiré” vers l’intérieur ou vers l’extérieur, provoquant une douleur parfois vive. Dans de rares cas, cela peut entraîner :
une baisse d’audition plus marquée et prolongée
des vertiges
un saignement ou un écoulement (urgence médicale)
Si vous ressentez une douleur intense, brutale, ou si vous entendez moins d’un côté après le vol, ne laissez pas traîner.
Boules Quiès en avion : utile, oui, mais lesquelles ?
Il existe plusieurs “familles” de protections auditives. Toutes ne répondent pas au même objectif.
Boules Quiès anti-bruit (mousse, cire, silicone)
Elles sont très utiles pour :
diminuer le bruit du moteur
réduire la fatigue sonore
faciliter le repos ou le sommeil en vol
mieux supporter un bébé qui pleure à proximité
En revanche, elles ne sont pas spécifiquement conçues pour gérer la pression. Elles peuvent même donner l’impression d’oreille plus bouchée, simplement parce qu’elles isolent le conduit auditif et modifient la perception des sons. Cela ne signifie pas forcément que la pression s’équilibre moins bien, mais la sensation peut être trompeuse.
Bouchons “spécial avion” (filtres de pression)
Ce sont souvent les plus pertinents pour limiter la gêne de pression. Ils possèdent un petit filtre qui ralentit certains changements de pression perçus dans le conduit auditif. En pratique, beaucoup de voyageurs les trouvent plus confortables à la descente.
À retenir : si votre objectif principal est “moins de pression et moins de douleur”, privilégiez des bouchons avec filtre conçus pour l’avion. Si votre objectif est “moins de bruit et dormir”, la mousse ou la cire peuvent suffire.
Comment utiliser des Boules Quiès en avion pour un maximum d’efficacité
Le bon timing : avant la descente, pas après la douleur
L’erreur la plus fréquente : attendre d’avoir mal pour agir. La prévention est plus efficace.
Repères simples :
Mettez vos bouchons avant le décollage si vous êtes sensible au bruit ou à la pression.
Pour la pression, le moment clé est la descente : mettez-les avant le début de descente (souvent annoncé par l’équipage ou visible sur l’écran de vol).
Gardez-les pendant l’atterrissage et 10 à 20 minutes après si nécessaire.
Une pose correcte : condition indispensable
Un bouchon mal mis protège peu et peut irriter le conduit auditif.
Mousse : roulez le bouchon entre les doigts pour le comprimer, tirez doucement le pavillon de l’oreille vers le haut et l’arrière, insérez, puis maintenez quelques secondes le temps qu’il se déploie.
Cire : malaxez pour assouplir, appliquez à l’entrée du conduit (sans enfoncer), l’objectif est l’étanchéité douce.
Silicone : suivez les indications, sans forcer.
Si vous ressentez une douleur dans le conduit auditif ou une sensation de “bouchon coincé”, retirez et repositionnez.
Ce qu’il faut faire en plus des bouchons : la clé anti-oreille bouchée
Les bouchons ne remplacent pas l’équilibrage naturel. Pour aider la trompe d’Eustache :
Avalez régulièrement (eau, salive)
Bâillez volontairement
Mâchez un chewing-gum
Sucez un bonbon (utile aussi chez les enfants, selon l’âge)
Manœuvres douces si besoin
Si l’oreille reste bouchée :
Pincez le nez, fermez la bouche, soufflez très doucement (manœuvre douce). Jamais fort.
Répétez une ou deux fois, puis revenez à la déglutition.
En cas de douleur importante, évitez de forcer.
Enfant, bébé : que faire pour les oreilles en avion ?
Chez les enfants, l’équilibrage est souvent plus difficile. La prévention repose surtout sur la déglutition :
Bébé : tétée, biberon, tétine au décollage et surtout à la descente
Enfant : boisson par petites gorgées, bonbon (si âge adapté), chewing-gum (si âge adapté)
Pour les bouchons :
Les protections doivent être adaptées à la taille du conduit auditif.
Ne mettez jamais un bouchon trop profond.
Si votre enfant a des otites à répétition ou une gêne marquée en vol, demandez un avis médical avant le voyage.
Voyageur enrhumé ou allergique : prudence
Rhume, sinusite, rhinite allergique : la trompe d’Eustache est souvent inflammée. Le risque de douleur et d’oreille bouchée augmente nettement.
Conseils pratiques :
Hydratez-vous bien
Évitez de dormir pendant la descente si vous êtes très sensible (on avale moins en dormant)
Anticipez la descente avec chewing-gum et déglutition
Si vous avez une infection ORL en cours, une forte congestion, ou des douleurs avant même le vol, il est plus sûr de demander un avis médical. Dans le moindre doute, mieux vaut consulter, surtout si vous avez déjà eu un barotraumatisme.
Acouphènes, hyperacousie, appareils auditifs : quel intérêt des bouchons ?
Beaucoup de voyageurs signalent que le bruit du moteur et l’ambiance cabine fatiguent l’audition : sensation d’oreille “chargée”, acouphènes plus présents, difficulté à se concentrer.
Si vous avez des acouphènes
Réduire le bruit peut améliorer le confort. Mais un silence trop marqué peut parfois faire ressortir les acouphènes chez certaines personnes. L’objectif est le confort, pas l’isolement total. Les bouchons filtrants (qui atténuent sans tout couper) peuvent être appréciables.
Si vous portez des aides auditives
En avion, plusieurs situations existent :
Vous gardez vos appareils : vous pouvez réduire le volume si l’environnement est bruyant. Selon le modèle, un mode “confort/bruit” peut aider.
Vous les retirez pour dormir : utilisez plutôt des bouchons confortables (mousse douce) si votre conduit tolère bien.
Si vous êtes appareillé et que vous cherchez la meilleure solution de confort (bruit cabine, pression, compréhension de la parole), un audioprothésiste peut vous conseiller des protections adaptées, notamment si vous voyagez souvent.
Erreurs fréquentes à éviter
Mettre des bouchons trop tard, une fois la douleur installée
Enfoncer trop profondément (risque d’irritation, gêne, bouchon “coincé”)
Forcer une manœuvre de pression (souffler très fort) en cas de douleur
Négliger la descente en dormant, surtout en étant enrhumé
Réutiliser des bouchons jetables trop longtemps (hygiène, irritation)
Quand faut-il consulter après un vol ?
Consultez rapidement si :
la douleur est intense ou ne diminue pas après l’atterrissage
vous avez une baisse d’audition qui persiste au-delà de 24 à 48 heures
vous ressentez des vertiges, un déséquilibre, des nausées importantes
vous avez un écoulement, du sang, ou une fièvre
vous avez une sensation de “bouchon” d’un seul côté qui dure
Dans le moindre doute, surtout si vous avez des antécédents ORL, il est préférable de demander un avis médical.
Conseils pratiques “check-list” avant de voyager
Choisir le bon type de bouchons : anti-bruit pour le confort sonore, filtres avion pour la pression
Les essayer à la maison : confort, taille, tolérance du conduit
Prévoir chewing-gum ou bonbons (selon l’âge)
Boire régulièrement, surtout en descente
Éviter de dormir pendant la descente si vous êtes sensible
En cas de rhume ou allergie marquée : prudence, avis médical si nécessaire
Conclusion : Boules Quiès et avion, une bonne stratégie si on s’y prend bien
Les Boules Quiès peuvent clairement améliorer votre confort en avion, surtout en réduisant le bruit et la fatigue auditive. Pour la pression et la sensation d’oreille bouchée, les bouchons avec filtre “spécial avion” sont souvent les plus adaptés, à condition de les mettre au bon moment, surtout avant la descente. Associez-les aux gestes simples qui favorisent l’équilibrage naturel (avaler, mâcher, bâiller), et vous réduirez fortement le risque de gêne.
Si malgré tout vous avez une douleur importante, une baisse d’audition persistante ou des symptômes inhabituels, ne prenez pas de risque : dans le moindre doute, consultez un médecin, idéalement un ORL.
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