Le syndrome de BOR, pour branchio-oto-rénal, est une affection génétique rare qui touche principalement le développement du cou, des oreilles et des reins. Ce nom peut sembler technique, mais il décrit en réalité les trois grandes zones concernées par la maladie. Le terme branchio fait référence aux anomalies de la région branchiale, c’est-à-dire certaines structures du cou. Le terme oto renvoie à l’oreille et à l’audition. Le terme rénal désigne l’atteinte possible des reins et des voies urinaires.
Dans la pratique, ce syndrome attire souvent l’attention à cause d’une surdité, de petites malformations autour des oreilles, de fossettes préauriculaires, de kystes ou de fistules du cou, ou encore d’anomalies rénales découvertes plus tard. Tous les patients ne présentent pas les mêmes signes. C’est justement l’une des particularités du syndrome de BOR : son expression est très variable. Dans une même famille, une personne peut avoir surtout une atteinte auditive, tandis qu’une autre présentera en plus une atteinte rénale plus marquée.
Cette variabilité explique pourquoi le diagnostic n’est pas toujours immédiat. Certains enfants sont d’abord suivis pour une perte auditive. D’autres consultent pour une masse cervicale, une malformation de l’oreille ou des infections répétées au niveau du cou. Ce n’est qu’en reliant plusieurs éléments que le syndrome peut être identifié.
Qu’est-ce que le syndrome de BOR ?
Le syndrome de BOR est une maladie génétique héréditaire qui perturbe le développement de certaines structures embryonnaires. Il associe typiquement des anomalies branchiales, des anomalies de l’oreille et une atteinte rénale plus ou moins importante.
Concrètement, cela signifie qu’une personne atteinte peut présenter des kystes ou fistules du cou, des petites anomalies visibles au niveau des oreilles, une perte auditive de type variable, ainsi que des malformations des reins ou des voies urinaires. Cependant, tous ces signes ne sont pas présents chez tout le monde.
Dans la vraie vie, cela rend le syndrome parfois difficile à reconnaître d’emblée. Un enfant peut n’avoir au départ qu’une surdité ou quelques fossettes devant les oreilles. Une autre personne peut surtout être repérée à cause d’un kyste du cou ou d’une anomalie rénale découverte lors d’un examen.
Que signifie BOR ?
BOR signifie branchio-oto-rénal. Chaque partie du mot a une signification précise. Branchio renvoie aux anomalies branchiales, souvent localisées au niveau du cou. Oto renvoie aux oreilles et à l’audition. Rénal renvoie aux reins.
Ce nom est utile, car il résume les grands axes du syndrome. Lorsqu’un professionnel de santé évoque un syndrome de BOR, il pense justement à l’association possible entre des anomalies du cou, une atteinte auditive et une atteinte rénale.
Dans certains cas, on parle aussi de syndrome branchio-otique lorsque les signes du cou et des oreilles sont présents mais sans atteinte rénale clairement identifiée. Cependant, dans la pratique, le terme BOR reste souvent utilisé de façon large lorsqu’on suspecte ce spectre de maladie.
Le syndrome de BOR est-il rare ?
Oui, il s’agit d’une maladie rare. Cela explique pourquoi elle est parfois mal connue du grand public et même peu évoquée en dehors des consultations spécialisées en ORL, en génétique ou en néphrologie pédiatrique.
Dans la pratique, cette rareté n’empêche pas le syndrome d’être une cause importante de surdité syndromique héréditaire. Autrement dit, parmi les maladies génétiques qui associent perte auditive et autres signes cliniques, le syndrome de BOR fait partie des diagnostics qu’il faut savoir évoquer.
La difficulté vient surtout du fait qu’il peut passer inaperçu lorsque les signes sont discrets ou incomplets. Une personne peut vivre longtemps avec une forme modérée sans que le syndrome soit identifié immédiatement.
Quels sont les symptômes du syndrome de BOR ?
Les symptômes du syndrome de BOR sont très variables. Les plus connus concernent le cou, les oreilles, l’audition et les reins. Certaines personnes présentent plusieurs signes évidents. D’autres n’en présentent qu’une partie.
Au niveau du cou, il peut exister des kystes, des sinus ou des fistules branchiales. Il s’agit de petites anomalies de développement qui peuvent se manifester par une masse cervicale, un écoulement ou des infections répétées dans cette région.
Au niveau des oreilles, on peut observer des fossettes préauriculaires, des appendices cutanés, une forme particulière du pavillon, ou d’autres anomalies de l’oreille externe. L’oreille moyenne et l’oreille interne peuvent également être concernées, même si cela n’est pas toujours visible de l’extérieur.
Au niveau auditif, la perte auditive peut être légère, modérée ou plus importante. Elle peut être de transmission, neurosensorielle ou mixte. Cela veut dire que le mécanisme de la surdité peut varier selon les patients.
Au niveau rénal, les anomalies vont d’atteintes discrètes à des malformations plus importantes. Certaines personnes ont un rein plus petit, mal formé, ou une anomalie des voies urinaires. D’autres peuvent avoir une atteinte rénale plus sérieuse nécessitant un suivi prolongé.
Syndrome de BOR et surdité
La surdité est l’un des signes les plus fréquents du syndrome de BOR. Elle peut être présente dès l’enfance et parfois découverte à l’occasion d’un bilan auditif systématique, d’un retard de langage ou d’une difficulté scolaire.
Ce point est très important, car la perte auditive n’a pas toujours la même forme. Chez certains patients, elle est surtout liée à une anomalie de transmission du son par l’oreille externe ou moyenne. Chez d’autres, l’oreille interne est aussi concernée. Il peut donc s’agir d’une surdité de transmission, d’une surdité neurosensorielle ou d’une surdité mixte.
Dans la vraie vie, cette variabilité explique pourquoi deux patients atteints du même syndrome n’ont pas forcément le même parcours auditif. Certains porteront des appareils auditifs précocement. D’autres auront une atteinte plus modérée ou plus stable.
Anomalies des oreilles dans le syndrome de BOR
Les oreilles peuvent être concernées de plusieurs façons. Les anomalies visibles les plus classiques sont les fossettes situées juste devant l’oreille, appelées fossettes préauriculaires. Il peut aussi exister de petites excroissances cutanées ou une forme particulière du pavillon.
Mais les anomalies ne sont pas seulement externes. L’oreille moyenne et l’oreille interne peuvent également présenter des malformations. Ces anomalies expliquent en partie la perte auditive observée dans ce syndrome.
Dans la pratique, la présence de petites anomalies visibles près des oreilles chez un enfant malentendant doit toujours attirer l’attention. Ce n’est pas forcément un syndrome de BOR, mais cela fait partie des situations où un bilan plus large peut être utile.
Kystes et fistules du cou
Les anomalies branchiales sont un autre signe typique du syndrome de BOR. Elles peuvent se manifester par des kystes, des sinus ou des fistules sur le côté du cou. Parfois, il s’agit simplement d’une petite ouverture cutanée ou d’un écoulement récurrent. Dans d’autres cas, une masse cervicale ou une infection répétée amène à consulter.
Dans la vraie vie, ces signes peuvent être présents depuis l’enfance sans que leur lien avec l’audition ou les reins soit immédiatement compris. Un enfant peut être opéré d’un kyste branchial, puis plus tard être suivi pour une surdité, et ce n’est qu’ensuite que l’ensemble du tableau devient cohérent.
Ces anomalies ne sont pas spécifiques au syndrome de BOR à elles seules, mais leur association à des signes auditifs ou rénaux est très évocatrice.
Atteinte rénale dans le syndrome de BOR
L’atteinte rénale est l’une des dimensions les plus importantes du syndrome, car elle conditionne une partie du suivi à long terme. Les anomalies peuvent être très variables. Certaines sont modérées et peu symptomatiques. D’autres peuvent avoir un retentissement plus important sur la fonction rénale.
Il peut s’agir d’un rein absent, trop petit, mal développé, ou d’une anomalie des voies urinaires. Chez certains patients, l’atteinte est découverte très tôt. Chez d’autres, elle est révélée plus tard par un bilan d’imagerie ou des anomalies biologiques.
Dans la pratique, ce point justifie qu’un syndrome de BOR suspecté ne soit jamais considéré comme un simple problème ORL. Même si la gêne principale est auditive, il faut penser au retentissement rénal et organiser un dépistage adapté.
Le syndrome de BOR est-il génétique ?
Oui, le syndrome de BOR est une maladie génétique. Il se transmet le plus souvent sur un mode autosomique dominant. Cela signifie qu’une personne porteuse de l’anomalie génétique peut transmettre le syndrome à ses enfants.
Mais là encore, il existe une grande variabilité. Un parent peut avoir une forme relativement discrète et transmettre à son enfant une forme plus marquée, ou l’inverse. Cela rend parfois le syndrome difficile à repérer dans l’histoire familiale, car certains membres semblent peu atteints.
Dans la vraie vie, c’est souvent l’identification d’un enfant atteint qui conduit à revoir toute l’histoire familiale. On découvre alors qu’un parent, un oncle ou un grand-parent avait des fossettes préauriculaires, une surdité ou un “problème de rein” resté sans lien clairement établi jusque-là.
Quels gènes sont impliqués ?
Plusieurs gènes ont été impliqués dans le syndrome de BOR, en particulier certains gènes intervenant dans le développement embryonnaire des oreilles, du cou et des reins. Cela explique la cohérence des organes touchés dans ce syndrome.
Tous les patients n’ont pas forcément la même anomalie génétique identifiée, et tous les cas ne sont pas confirmés génétiquement dès le départ. Le diagnostic reste d’abord clinique, puis peut être conforté par une analyse génétique lorsqu’elle est indiquée.
Dans la pratique, l’analyse génétique peut être très utile pour confirmer le diagnostic, organiser le conseil génétique familial et mieux comprendre le risque de transmission.
Comment diagnostique-t-on le syndrome de BOR ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique et sur l’association des signes. Un professionnel peut évoquer le syndrome devant une perte auditive associée à des anomalies de l’oreille externe, des fossettes préauriculaires, des fistules du cou ou des anomalies rénales.
Ensuite, le bilan comprend généralement une évaluation ORL, un bilan auditif complet, une exploration rénale et souvent une orientation vers la génétique médicale. L’objectif est de confirmer le diagnostic, d’évaluer l’étendue de l’atteinte et d’organiser la surveillance.
Dans la vraie vie, c’est souvent l’accumulation d’indices qui mène au diagnostic. Un seul signe isolé ne suffit pas toujours. Mais lorsque plusieurs éléments sont réunis, le tableau devient beaucoup plus évocateur.
Quels examens faut-il faire ?
Le bilan comprend généralement un audiogramme, un examen ORL détaillé, parfois une imagerie des oreilles selon le contexte, et un bilan rénal avec échographie. Selon les cas, d’autres examens urinaires ou sanguins peuvent être ajoutés pour évaluer la fonction rénale.
Un examen du cou est également important pour rechercher des kystes, fistules ou sinus branchiaux. Si le syndrome est suspecté, une consultation de génétique médicale peut être proposée pour discuter d’un test génétique et du conseil familial.
Le plus important est de comprendre que le syndrome de BOR ne se résume pas à l’oreille. Le diagnostic doit être global et multidisciplinaire.
Quelle prise en charge pour le syndrome de BOR ?
La prise en charge dépend des signes présents chez chaque patient. Sur le plan auditif, elle peut reposer sur des appareils auditifs, un suivi ORL régulier, parfois une chirurgie selon les anomalies de l’oreille moyenne, et un accompagnement orthophonique si nécessaire.
Les anomalies du cou peuvent nécessiter une surveillance ou une chirurgie lorsqu’il existe des infections répétées, un écoulement ou une gêne esthétique ou fonctionnelle. Sur le plan rénal, un suivi néphrologique ou pédiatrique est essentiel lorsqu’une anomalie a été identifiée.
Dans la pratique, le suivi est souvent organisé entre plusieurs spécialistes. C’est cette coordination qui permet de ne pas passer à côté d’une atteinte silencieuse, en particulier au niveau rénal.
Peut-on vivre normalement avec un syndrome de BOR ?
Oui, de nombreux patients vivent avec une bonne qualité de vie, surtout lorsque le diagnostic est posé tôt et que la prise en charge est adaptée. Le pronostic dépend surtout de l’importance de l’atteinte auditive et de l’atteinte rénale.
Pour certains, le quotidien est dominé par la surdité et l’appareillage. Pour d’autres, c’est le suivi rénal qui demande le plus d’attention. Chez beaucoup de patients, les manifestations sont compatibles avec une vie scolaire, professionnelle et familiale normale, à condition d’être bien suivis.
Dans la vraie vie, le principal risque n’est pas toujours la gravité immédiate du syndrome, mais le retard diagnostique. Une anomalie rénale silencieuse ou une surdité mal compensée peuvent avoir un impact plus important si elles ne sont pas repérées à temps.
Quand faut-il évoquer un syndrome de BOR ?
Il faut y penser devant certaines associations de signes. Un enfant malentendant avec des fossettes préauriculaires, des anomalies du pavillon, un kyste du cou ou une anomalie rénale mérite une évaluation orientée. De même, une famille dans laquelle plusieurs membres présentent surdité, malformations auriculaires ou problèmes rénaux doit faire évoquer ce diagnostic.
En pratique, on n’évoque pas le syndrome de BOR devant une simple surdité isolée sans autre signe. Mais dès que plusieurs éléments se regroupent, même s’ils semblent modestes, le diagnostic devient beaucoup plus crédible.
C’est souvent cette logique d’association qui permet de passer d’un symptôme apparemment isolé à une compréhension plus globale de la situation.
Syndrome de BOR : ce qu’il faut retenir
Le syndrome de BOR est une maladie génétique rare associant des anomalies du cou, des oreilles, de l’audition et parfois des reins. Sa présentation est très variable d’un patient à l’autre, ce qui peut retarder le diagnostic si les signes sont discrets ou incomplets.
La surdité, les fossettes préauriculaires, les kystes ou fistules du cou et les anomalies rénales sont les éléments les plus évocateurs. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, le bilan auditif, l’exploration rénale et souvent une évaluation génétique.
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