Quand une personne entend moins bien, on parle souvent de surdité de transmission ou de surdité neurosensorielle. Pourtant, dans certains cas, les deux mécanismes coexistent. C’est ce qu’on appelle une surdité mixte. Autrement dit, le son est à la fois mal conduit jusqu’à l’oreille interne et mal traité une fois qu’il y est arrivé. Cette double atteinte peut rendre la gêne auditive plus complexe à comprendre et à corriger.
Dans la pratique, la surdité mixte peut se manifester de plusieurs façons. Certaines personnes ont une oreille bouchée chronique avec une vraie perte auditive associée. D’autres ont déjà une fragilité de l’oreille interne, à laquelle vient s’ajouter un problème de tympan, d’oreille moyenne ou de chaîne des osselets. Beaucoup de patients ne savent pas qu’ils cumulent deux mécanismes différents, car ils ressentent simplement qu’ils entendent moins bien.
Le point important est simple : la surdité mixte n’est pas une catégorie floue. C’est un diagnostic précis qui influence directement le traitement. Pour bien la prendre en charge, il faut identifier ce qui relève de la partie mécanique de l’oreille et ce qui relève de l’oreille interne.
Qu’est-ce qu’une surdité mixte ?
La surdité mixte est une perte auditive qui associe une surdité de transmission et une surdité neurosensorielle. Cela signifie que l’audition est perturbée à deux niveaux.
La partie transmission correspond à tout ce qui empêche le son d’arriver correctement jusqu’à l’oreille interne. Cela peut concerner le conduit auditif, le tympan ou l’oreille moyenne. La partie neurosensorielle correspond à une atteinte de l’oreille interne ou du nerf auditif, c’est-à-dire du système qui transforme les vibrations en information nerveuse.
Dans la vraie vie, cela veut dire qu’une personne ayant une surdité mixte n’a pas seulement un “son bloqué”. Elle a aussi un système auditif interne qui ne fonctionne pas parfaitement. C’est précisément cette association qui définit la surdité mixte.
Quelle différence entre surdité mixte, transmission et neurosensorielle ?
La surdité de transmission correspond à un problème mécanique. Le son n’arrive pas normalement à l’oreille interne. C’est le cas, par exemple, d’un bouchon de cérumen, d’une otite séreuse, d’un tympan perforé ou d’un problème des osselets.
La surdité neurosensorielle correspond à une atteinte de l’oreille interne ou du nerf auditif. Le son arrive, mais il est mal transformé ou mal transmis vers le cerveau. Cela se voit souvent dans la presbyacousie, certains traumatismes sonores ou d’autres atteintes de l’oreille interne.
La surdité mixte combine les deux. Dans la pratique, cela signifie qu’on ne peut pas expliquer la perte auditive par un seul mécanisme. Il y a à la fois un obstacle de transmission et une fragilité de perception.
Quels sont les symptômes d’une surdité mixte ?
Les symptômes ne sont pas toujours très différents de ceux d’autres formes de baisse auditive, mais ils peuvent être plus marqués ou plus complexes. La personne entend moins bien, fait répéter, comprend mal dans le bruit et peut avoir l’impression que les sons sont à la fois étouffés et moins nets.
Dans la vraie vie, certains patients disent qu’ils entendent “comme à travers du coton”, mais aussi que les voix manquent de clarté. Cette combinaison est assez typique. La gêne ne se limite pas à un simple manque de volume. Il existe aussi un défaut de qualité sonore.
Selon la cause, des acouphènes, une sensation d’oreille bouchée, des otites répétées ou des antécédents de problèmes du tympan peuvent s’ajouter.
Comment se manifeste la gêne au quotidien ?
La gêne quotidienne dépend du degré de perte auditive, mais elle peut être importante. Dans un endroit calme, la personne peut encore suivre une conversation, mais avec un effort plus grand. Dans le bruit, les difficultés deviennent souvent plus visibles.
Dans la pratique, les patients décrivent souvent une fatigue auditive importante. Ils augmentent le son de la télévision, comprennent mal au téléphone, ou ont l’impression que certaines personnes articulent mal. Ils peuvent aussi être gênés par des variations d’audition si la composante de transmission change selon les périodes, comme en cas d’otites ou d’épanchement.
Quelles sont les causes possibles ?
Les causes sont nombreuses, car une surdité mixte peut naître de la combinaison de deux problèmes différents. Il peut s’agir d’une maladie ancienne de l’oreille moyenne à laquelle s’ajoute une fragilité de l’oreille interne, ou l’inverse.
Par exemple, une personne peut avoir une otospongiose avec atteinte de transmission, mais aussi une atteinte cochléaire associée. Une autre peut avoir eu des otites chroniques répétées, avec séquelles du tympan et des osselets, tout en développant en plus une presbyacousie liée à l’âge. Une perte auditive neurosensorielle préexistante peut aussi être aggravée par un bouchon de cérumen ou une otite séreuse, créant alors temporairement une composante mixte.
Dans la vraie vie, la surdité mixte n’est donc pas forcément une maladie unique. C’est souvent le résultat de deux mécanismes qui se superposent.
Otospongiose et surdité mixte
L’otospongiose est une cause classique de surdité mixte. Au départ, elle donne souvent une surdité de transmission en gênant la mobilité de l’étrier dans l’oreille moyenne. Mais avec le temps, elle peut aussi atteindre l’oreille interne et ajouter une composante neurosensorielle.
Dans la pratique, cela signifie que le patient n’a plus seulement un problème mécanique corrigeable. Il peut conserver une part de perte auditive liée à l’oreille interne, même si la partie transmission est améliorée.
Otites chroniques et séquelles de l’oreille moyenne
Les otites chroniques peuvent endommager le tympan, l’oreille moyenne ou les osselets, créant une perte de transmission. Si à cela s’ajoute une atteinte de l’oreille interne, liée à l’âge, à des infections anciennes ou à d’autres facteurs, la surdité devient mixte.
Dans la vraie vie, ces patients ont souvent une longue histoire ORL, avec oreilles fragiles, écoulements anciens, chirurgies ou perforations tympaniques.
Presbyacousie avec problème d’oreille moyenne
Une personne âgée peut déjà avoir une presbyacousie, donc une atteinte neurosensorielle, puis développer en plus un problème de transmission comme un bouchon, un épanchement ou une pathologie du tympan. L’audition devient alors mixte.
Dans la pratique, cela explique pourquoi certaines personnes âgées semblent se dégrader brutalement alors qu’elles avaient déjà une baisse progressive. En réalité, un second mécanisme s’est ajouté.
Comment fait-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose sur l’examen ORL et surtout sur le bilan auditif. L’audiogramme tonal, l’étude de la conduction aérienne et de la conduction osseuse, ainsi que d’autres tests complémentaires permettent de distinguer la part transmission de la part neurosensorielle.
Dans la vraie vie, le patient ne peut pas savoir seul qu’il a une surdité mixte. Il ressent seulement une baisse d’audition. C’est l’interprétation précise des courbes auditives qui permet de dire que les deux mécanismes sont présents.
L’examen de l’oreille par le médecin est aussi très important pour rechercher une cause visible, comme un problème de tympan, de cérumen ou d’oreille moyenne.
Quel est le rôle de l’audiogramme ?
L’audiogramme est central. Il permet de mesurer ce que la personne entend par voie aérienne et par voie osseuse. Quand la conduction aérienne est plus mauvaise que la conduction osseuse, il existe une composante de transmission. Quand la conduction osseuse elle-même est abaissée, cela montre qu’il existe aussi une composante neurosensorielle.
Dans la pratique, c’est cet écart et cette combinaison qui permettent de poser le diagnostic de surdité mixte.
Faut-il faire d’autres examens ?
Oui, parfois. Selon le contexte, un scanner des rochers ou d’autres examens d’imagerie peuvent être demandés, surtout s’il existe une suspicion d’otospongiose, de malformation, de séquelles d’otite chronique ou d’autre pathologie de l’oreille moyenne.
Dans la vraie vie, ces examens ne sont pas systématiques pour tout le monde, mais ils deviennent utiles lorsqu’on cherche à savoir si une chirurgie ou une autre intervention est envisageable.
Comment traite-t-on une surdité mixte ?
Le traitement dépend de la cause exacte et de la part respective de chaque mécanisme. Il peut inclure un traitement médical, une chirurgie, un appareillage auditif ou une combinaison de plusieurs approches.
Dans la pratique, si une cause de transmission peut être corrigée, on cherche d’abord à améliorer cette partie. Mais il faut rester réaliste : même si l’on corrige la composante mécanique, la partie neurosensorielle peut persister. C’est pour cela que le résultat n’est pas toujours une audition “normale”.
Le traitement d’une surdité mixte doit donc être expliqué clairement au patient, en distinguant ce que l’on peut corriger et ce que l’on peut surtout compenser.
Peut-on opérer ?
Parfois oui. Si la composante de transmission vient d’une cause opérable, comme certaines formes d’otospongiose ou certaines séquelles de l’oreille moyenne, une chirurgie peut être discutée.
Dans la vraie vie, l’opération peut améliorer une partie de la perte auditive, mais elle ne supprime pas toujours la composante neurosensorielle. Le patient doit donc comprendre qu’une chirurgie peut réduire la gêne sans forcément tout normaliser.
Les appareils auditifs sont-ils utiles ?
Oui, souvent. Les appareils auditifs ont une place importante dans la surdité mixte, surtout lorsque la chirurgie n’est pas possible, insuffisante ou non souhaitée. Ils permettent de compenser la part restante de perte auditive.
Dans la pratique, l’appareillage doit être soigneusement adapté, car le profil auditif est plus complexe qu’en cas de simple perte de transmission ou de simple presbyacousie. Un bon réglage est essentiel pour obtenir un confort satisfaisant.
Peut-on récupérer complètement ?
Cela dépend de la cause. Si la composante de transmission est bien identifiée et bien traitée, une amélioration importante est possible. Mais lorsque la composante neurosensorielle est marquée, une récupération complète est rarement possible.
Dans la vraie vie, l’objectif est souvent d’améliorer nettement l’audition et la compréhension, pas forcément de revenir à une audition totalement normale.
Quand faut-il consulter ?
Il faut consulter dès qu’une baisse auditive apparaît, surtout si elle dure, s’aggrave ou s’accompagne d’une sensation d’oreille bouchée, d’acouphènes, d’antécédents d’otites ou d’une gêne importante au quotidien.
Il faut aussi consulter si une personne déjà malentendante a l’impression que son audition se dégrade d’un coup ou devient plus étouffée. Il peut s’agir de l’ajout d’une composante de transmission sur une perte auditive déjà existante.
Surdité mixte : ce qu’il faut retenir
La surdité mixte associe une perte auditive de transmission et une perte neurosensorielle. Cela signifie que le son est à la fois mal conduit vers l’oreille interne et mal perçu une fois arrivé.
Les causes sont multiples : otospongiose, séquelles d’otites, problèmes de l’oreille moyenne associés à une atteinte cochléaire, ou encore combinaison avec la presbyacousie. Le diagnostic repose sur le bilan auditif et l’examen ORL. Le traitement dépend de la cause et peut associer chirurgie, traitement local et appareillage auditif.
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