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Le dépistage auditif enfant est une étape essentielle pour vérifier que l’enfant entend correctement et pour repérer rapidement une éventuelle perte auditive. L’audition joue un rôle majeur dans le développement du langage, la compréhension, la concentration, les apprentissages scolaires et les interactions sociales.

Une baisse d’audition chez l’enfant n’est pas toujours évidente. Certains enfants compensent en lisant sur les lèvres, en observant les gestes ou en se rapprochant de la personne qui parle. D’autres semblent simplement distraits, agités, rêveurs ou “dans leur monde”, alors qu’ils entendent mal certaines fréquences ou comprennent difficilement dans le bruit.

L’Assurance Maladie rappelle qu’il est important de repérer les premiers signes d’une perte auditive, car chez l’enfant, une surdité peut nuire au développement du langage. Elle précise aussi que la surdité peut être présente dès la naissance ou apparaître plus tard.

Pourquoi le dépistage auditif enfant est-il important ?

Un enfant apprend énormément par l’écoute. Il entend les voix, les sons de son environnement, les intonations, les syllabes, les mots, puis les phrases. Si l’audition est diminuée, même partiellement, l’enfant peut recevoir une information sonore incomplète.

Cela peut avoir des conséquences sur :

  • le développement du langage ;
  • la prononciation ;
  • la compréhension orale ;
  • l’attention en classe ;
  • les apprentissages ;
  • la confiance en soi ;
  • les relations avec les autres enfants ;
  • la fatigue en fin de journée.

Santé publique France indique que la surdité permanente néonatale est le déficit sensoriel le plus fréquent, avec une prévalence estimée à environ 1 naissance sur 1 000. Elle peut entraîner des troubles du développement de la communication, du langage et de l’évolution cognitive, mais une prise en charge précoce et adaptée peut réduire son impact sur la communication et le langage.

Dans la pratique, le dépistage ne sert pas seulement à “savoir si l’enfant entend”. Il permet surtout de ne pas perdre de temps lorsqu’une prise en charge est nécessaire : avis ORL, bilan complet, traitement d’une cause réversible, suivi orthophonique, appareillage auditif ou accompagnement scolaire.

Dépistage auditif à la naissance : comment ça se passe ?

Le dépistage auditif commence très tôt. En France, un programme de dépistage universel de la surdité néonatale est en place depuis 2012, avec une organisation qui repose sur une phase de dépistage à la maternité puis, si nécessaire, une phase de diagnostic dans une consultation spécialisée.

L’Assurance Maladie explique que les nouveau-nés bénéficient le plus souvent d’un dépistage néonatal permettant de diagnostiquer une surdité. Ce dépistage comprend un examen de repérage proposé avant la sortie de la maternité, puis des examens avant la fin du troisième mois si le repérage n’a pas pu être réalisé ou n’a pas permis d’évaluer correctement les capacités auditives de l’enfant.

Les recommandations récentes de la HAS

La Haute Autorité de Santé a publié en juin 2025 des recommandations sur le dépistage de la surdité permanente néonatale. Elle recommande que le dépistage soit réalisé sur chacune des deux oreilles, avec un seuil de 35 dB, en deux étapes : deux tests possibles à la maternité ou en néonatologie, puis un troisième test si nécessaire dans le premier mois suivant la naissance.

La HAS précise aussi que le dépistage doit être réalisé avant un mois d’âge corrigé en cas de prématurité, avec le consentement des parents après une information complète et accessible. Elle recommande également une étape de rattrapage pour les nourrissons qui n’ont pas bénéficié du dépistage, par exemple en cas de sortie précoce ou de naissance à domicile.

Le dépistage est-il douloureux ?

Non, le dépistage auditif du nourrisson est rapide et indolore. L’Inserm explique que l’examen consiste à recueillir des données sur le fonctionnement de l’oreille moyenne et de l’oreille interne à l’aide d’oreillettes et d’électrodes placées à la surface du crâne du bébé.

L’objectif n’est pas de poser immédiatement un diagnostic définitif dans tous les cas. Un premier résultat “à contrôler” ne signifie pas forcément que l’enfant est sourd. Il peut être lié à du liquide dans l’oreille, au bruit ambiant, au mouvement du bébé ou à des conditions de test imparfaites. En revanche, il ne faut pas négliger le contrôle demandé.

Dépistage auditif après la naissance : pourquoi continuer à surveiller ?

Un dépistage normal à la maternité est rassurant, mais il ne garantit pas que l’audition restera parfaite toute l’enfance. Une baisse auditive peut apparaître plus tard, après des otites répétées, une otite séreuse, une infection, un traumatisme sonore, une cause génétique évolutive ou un autre problème ORL.

L’Inserm rappelle que le dépistage doit exister à tous les âges : après la période néonatale, la médecine scolaire ou l’entourage peuvent repérer un déficit auditif. Chez l’enfant, les conséquences d’une surdité varient selon qu’elle apparaît avant ou après l’acquisition du langage.

L’Assurance Maladie indique qu’une baisse d’audition peut être suspectée au cours du bilan médical de l’enfant, particulièrement vers l’âge de deux ans, ou lors de tests auditifs réalisés dans le cadre du suivi de santé scolaire.

Les signes d’alerte d’une perte auditive chez l’enfant

Les signes ne sont pas les mêmes selon l’âge. Certains enfants n’ont pas de douleur et ne se plaignent pas d’entendre moins bien. Il faut donc observer le comportement, le langage et la façon dont l’enfant réagit aux sons.

Entre 3 et 12 mois

L’Assurance Maladie recommande d’être attentif si les sons émis par l’enfant ne sont pas mélodiques, s’il ne babille pas ou s’il ne réagit pas lorsqu’on l’appelle.

À cet âge, un bébé qui ne se tourne pas vers la voix, qui semble peu réagir aux bruits familiers ou qui ne varie pas ses vocalisations mérite un avis médical.

Entre 12 et 24 mois

Entre 12 et 24 mois, certains signes doivent alerter : l’enfant ne dit aucun mot, communique surtout avec des gestes, reste inattentif à ce qui n’est pas dans son champ visuel ou produit des sons inconnus et incontrôlés.

Dans la vie quotidienne, cela peut se traduire par un enfant qui regarde beaucoup les visages pour comprendre, qui ne répond pas quand on l’appelle de dos, ou qui semble mieux comprendre lorsqu’il voit la personne parler.

Entre 24 et 36 mois

Entre 24 et 36 mois, l’absence de mise en place du langage, l’isolement ou au contraire l’agitation peuvent faire suspecter un trouble auditif.

Il ne faut pas conclure trop vite à un simple retard de parole ou à un problème de comportement. Un bilan auditif permet d’écarter ou de confirmer une cause auditive.

Après 3 ans

Après 3 ans, il faut consulter si l’enfant parle de façon incompréhensible, présente des troubles du comportement comme l’agitation ou l’isolement, ou rencontre des difficultés d’apprentissage à l’école.

Une situation fréquente en classe est celle d’un enfant qui comprend bien en face-à-face dans le calme, mais beaucoup moins lorsque l’enseignant parle de loin ou lorsque la classe est bruyante. Cela peut donner l’impression qu’il “n’écoute pas”, alors qu’il reçoit simplement mal l’information sonore.

Quand demander un dépistage auditif enfant ?

Il est conseillé de demander un dépistage auditif si vous observez :

  • un retard de langage ;
  • une prononciation difficile à comprendre ;
  • des demandes fréquentes de répétition ;
  • une télévision ou tablette mise très fort ;
  • une absence de réaction quand l’enfant est appelé de dos ;
  • une fatigue inhabituelle après l’école ;
  • une baisse des résultats scolaires ;
  • une gêne dans les environnements bruyants ;
  • des otites à répétition ;
  • une otite séreuse connue ;
  • des antécédents familiaux de surdité ;
  • une régression vocale ou comportementale.

L’Assurance Maladie recommande de consulter le pédiatre ou le médecin si l’enfant régresse vocalement, n’articule pas ou si son comportement se modifie. Elle précise qu’un bilan auditif peut alors être nécessaire.

Qui peut réaliser un dépistage auditif chez l’enfant ?

Le premier interlocuteur peut être le pédiatre, le médecin généraliste, le médecin de PMI, le médecin scolaire ou l’ORL. Le rôle du premier professionnel est de repérer les signes, d’examiner l’enfant et d’orienter vers un bilan spécialisé si nécessaire.

En cas de suspicion de surdité, l’Assurance Maladie indique que le médecin traitant oriente vers un médecin ORL. L’ORL réalise notamment un examen des tympans avec un otoscope et peut mettre en évidence un bouchon de cérumen, une anomalie du tympan, une otite séromuqueuse ou d’autres causes.

Pour les tests auditifs plus précis, l’ORL peut demander ou réaliser des examens complémentaires afin de quantifier la perte d’audition.

Comment se déroule un bilan auditif enfant ?

Le bilan dépend de l’âge de l’enfant, de sa capacité à répondre aux consignes et du contexte médical. Il peut associer plusieurs examens.

L’otoscopie

L’otoscopie permet d’observer le conduit auditif et le tympan. Elle aide à repérer une cause simple de baisse d’audition : bouchon de cérumen, otite, liquide derrière le tympan, inflammation ou perforation.

Chez l’enfant, cette étape est importante car une baisse d’audition peut parfois être liée à une otite séreuse, fréquente et parfois peu douloureuse.

L’audiométrie

L’audiométrie sert à mesurer les seuils auditifs. L’Assurance Maladie explique que l’audiométrie tonale recherche l’intensité minimale à laquelle un son est perçu à différentes fréquences. Elle est souvent réalisée en cabine insonorisée avec un casque, lorsque l’enfant est en âge de coopérer.

Chez les plus jeunes, les tests peuvent être adaptés sous forme de jeux ou d’observations comportementales.

L’impédancemétrie

L’impédancemétrie permet d’évaluer le fonctionnement du tympan et de l’oreille moyenne. Elle est utile lorsqu’on suspecte un liquide derrière le tympan, une mauvaise ventilation de l’oreille ou une otite séreuse.

Les otoémissions acoustiques et les potentiels évoqués auditifs

L’Inserm explique que les otoémissions acoustiques permettent de vérifier le fonctionnement des cellules ciliées externes de la cochlée et de l’oreille moyenne. Les potentiels évoqués auditifs automatisés s’enregistrent avec des électrodes sur le cuir chevelu et permettent de vérifier le fonctionnement de la cochlée et du nerf auditif.

Ces examens sont particulièrement utiles chez le nourrisson ou chez un enfant qui ne peut pas encore répondre de façon fiable.

Que se passe-t-il si le dépistage montre une baisse auditive ?

Un dépistage positif ou douteux ne veut pas toujours dire qu’il existe une surdité permanente. Il indique qu’un bilan plus complet est nécessaire.

Selon la cause, plusieurs solutions peuvent être proposées :

  • surveillance et contrôle ;
  • traitement d’une otite ou d’une cause inflammatoire ;
  • ablation d’un bouchon de cérumen ;
  • prise en charge d’une otite séreuse ;
  • bilan ORL spécialisé ;
  • orthophonie si le langage est impacté ;
  • appareillage auditif si la perte est permanente et gênante ;
  • implant cochléaire dans certains cas de surdité très sévère ou profonde.

L’Assurance Maladie indique qu’un examen clinique et un bilan complémentaire sont indispensables pour mesurer la perte auditive et en trouver la cause. En cas de surdité importante, l’appareillage auditif ou l’implant cochléaire peuvent faciliter la communication.

Dépistage auditif enfant et école

L’école joue un rôle important dans le repérage des troubles auditifs. Un enfant qui entend mal peut avoir des difficultés à suivre les consignes, surtout lorsque la classe est bruyante ou lorsque l’enseignant parle de loin.

Les signes visibles à l’école peuvent être :

  • difficultés de concentration ;
  • réponses à côté ;
  • fatigue ;
  • isolement ;
  • agitation ;
  • difficultés d’apprentissage ;
  • besoin de regarder les lèvres ;
  • incompréhension des consignes collectives.

Il est utile d’échanger avec l’enseignant si vous avez un doute. L’enfant peut très bien entendre dans certaines situations et être en difficulté dans d’autres, notamment dans le bruit.

Dépistage auditif enfant et appareillage

Si une perte auditive permanente est confirmée et suffisamment gênante, un appareillage peut être proposé. Pour les enfants de 6 ans et moins, la première prescription d’aides auditives doit obligatoirement être réalisée par un ORL doté d’une formation complémentaire spécifique. Pour les patients de plus de 6 ans, la première prescription est réservée aux ORL ou aux médecins généralistes ayant suivi une formation en otologie médicale.

Cela montre que l’appareillage enfant est un parcours médical encadré. L’objectif est de choisir une solution adaptée à l’âge, au niveau de perte auditive, au développement du langage et à la vie quotidienne de l’enfant.

Comment préparer un rendez-vous pour un dépistage auditif ?

Avant le rendez-vous, les parents peuvent noter les situations qui posent problème. Cela aide le médecin ou l’ORL à comprendre le contexte.

Vous pouvez noter :

  • depuis quand vous avez un doute ;
  • si l’enfant répond quand il est appelé ;
  • s’il augmente le volume des écrans ;
  • s’il demande souvent de répéter ;
  • s’il a eu des otites répétées ;
  • s’il y a des antécédents familiaux ;
  • si l’école a signalé une difficulté ;
  • si le langage évolue normalement ;
  • si l’enfant semble fatigué ou isolé.

Plus les observations sont précises, plus le bilan sera utile.

FAQ : dépistage auditif enfant

À quel âge faire un dépistage auditif enfant ?

Un premier dépistage est proposé dès la naissance, généralement avant la sortie de maternité. Ensuite, l’audition doit rester surveillée pendant l’enfance, notamment en cas de retard de langage, d’otites répétées, de difficultés scolaires ou de doute des parents.

Le dépistage auditif du bébé est-il obligatoire ?

Il fait partie du programme national de dépistage néonatal de la surdité, avec information et consentement des parents. La HAS recommande un dépistage sur chaque oreille, avec des étapes de contrôle si nécessaire.

Un enfant peut-il bien entendre à la naissance puis moins entendre plus tard ?

Oui. Une perte auditive peut apparaître après la naissance, par exemple à la suite d’otites séreuses, d’infections, de facteurs génétiques évolutifs ou d’autres causes ORL. C’est pourquoi les signes d’alerte doivent être surveillés tout au long de l’enfance.

Qui consulter en premier ?

Vous pouvez consulter le pédiatre, le médecin généraliste ou directement un ORL selon la situation. En cas de suspicion de surdité, le médecin traitant peut orienter vers un ORL pour un examen et un bilan auditif.

Un retard de langage peut-il venir d’un problème auditif ?

Oui. Une baisse d’audition peut gêner l’acquisition de la parole et entraîner des troubles du comportement. L’Assurance Maladie recommande de consulter si le langage ne se met pas en place, si l’enfant régresse vocalement ou s’il n’articule pas.

 

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